jeudi 17 août 2017

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire

Stéphanie PELERIN

Les Editions : Mazarine  & France Loisirs
Juin 2016






J’ai rencontré Ivana au bord de la piscine à Nice, durant les dernières vacances de Pâques, et depuis elle est devenue ma meilleure amie. Nous faisions des abdos pour effacer quelques kilos de trop, enfin surtout les miens, vous savez « ceux qui s’installent avec la routine. Ceux que Monsieur reproche à Madame, occultant qu’il a généralement hérité des mêmes. Les poignées d’amour masculines se déclinent en bourrelets disgracieux quand on les met au féminin. »

Après 60 longueurs, 1km 500 yeah, et une crème brûlée mirabelles et panacotta cassis, nous avons immédiatement sympathisé.

Ivy est une fille tout simplement exceptionnelle. Professeur de français à Paris, elle vient de se faire larguer par son mec après 8 ans de relation. Mais qu’à cela ne tienne, après les torrents de larme, Ivy laisse place à l’optimisme, aux mojitos et décide de se remettre sur le marché des célibataires.

« Ivana se rendit à la petite supérette du coin. Une légende urbaine prétendant que le supermarché était l’endroit par excellence où rencontrer l’homme de sa vie, elle remplirait son chariot à défaut de son lit.  »

Ben quoi, on ne va pas se laisser abattre !

A / Une remise en forme pour gommer les bourrelets superflus,
B/ S’inscrire sur un site de rencontre,
Et la dernière et la plus importante :
C/ Une nourriture saine pour  le corps et quelques parties de jambes en l’air pour l’esprit.
C’est ce qui me plaît chez elle, son naturel. Elle est drôle, s’assume, ne se prend pas au sérieux. Souvent amusante, agaçante parfois mais toujours attendrissante et en plus Ivy n’a pas la langue dans sa poche :

« Il faut dire que même avec un GPS, il n’aurait pas trouvé son clitoris. Ivana n’avait jamais refusé de faire l’amour avec lui, mais elle s’était souvent ennuyée. Elle remerciait d’ailleurs la levrette, position pendant laquelle elle n’était pas contrainte de sourire mais n’avait jamais osé lui demander si elle pouvait en profiter pour lire une BD. » 

Je vous le dis, Bridget Jones n’a qu’à bien se tenir !

Ivy on ne peut que l’aimer, que dis-je, l’adorer. C’est une héroïne moderne, qui nous ressemble, avec ses joies, ses doutes, ses complexes mais surtout elle reste authentique malgré ses faiblesses. Du coup, on s’identifie facilement à elle.

L'auteure, Stéphanie Pèlerin, nous plonge dans une histoire de femme en quête du grand amour. C’est drôle et émouvant. Certaines anecdotes sentent le vécu, mais je vous laisse en juger par vous-même en découvrant son délicieux roman. Pour ma part, je l’ai dévoré !

Alors si vous avez un coup de blues ou simplement envie de passer un bon moment, j’ai le remède qu’il vous faut. Courez vite acheter ce livre, le voler ou mieux l’emprunter à votre meilleure amie et installez-vous au bord de l’eau, au diable les kilos ! Laissez Ivana vous prendre par la main, sourires et bonne humeur garantis ! Mais attention, que cela soit bien clair entre vous et moi, Ivy c’est ma copine à Moaaaaaa ! 

 « Elle se demandait si un jour une femme pourrait assumer ses choix de vie sexuelle sans craindre le regard accusateur des autres. Mais pour l’heure, le monde lui appartenait et si cette parenthèse devait rester secrète, elle avait reboosté sa libido : c’était déjà cela de gagné. » 
 
Vous ai-je dis que j’adorais cette Nana ? 

(Presque jeune), (presque) jolie, (de nouveau) célibataire … Oups ! Ben c’est (presque) moi !


Merci  manU de m'avoir présenté Ivana, 
Un joli ricochet de plus.
<3 



L'auteure Stéphanie Pélerin
Son blog "Mille et une frasques" cliquez ici 


- Euh … Ivana, tu as le 06 du maître nageur sieuplait ? ^^



dimanche 13 août 2017

MAL de PIERRES

Un film de Nicole Garcia - 2016
Marion Cotillard
Alex Brendemühl
Louis Garrel

D'après le roman de Milena Agus - 2006
Les éditions : Livre de poche




« Nous serons nus,
Je m’allongerai sur vous,
J’écarterai vos bras,
Vous connaîtrez avec moi la chose principale,
Vous entrerez en moi,
Vous entrerez en moi,
Vous entrerez en moi. »


Quand j’ai lu le billet de Taber'Nad et celui du Bison au fin fond de sa Dordogne, il était évident que j’allais lire ce livre. Alors, quand au hasard de mes vide-greniers drômois, pour quelques centimes, ce roman a littéralement atterri entre mes mains, un sourire s’est dessiné sur mes lèvres et  « Mal de Pierres » est devenu mon nouveau précieux galet.

Le film a immédiatement suivi, et si l’on ressent un certain bémol chez le Bison (faut il être une femme pour apprécier une histoire d’amour ? je me le demande !) il en a été autrement à travers mon regard.

Le mal de pierres n’est pas simplement quelques calculs rénaux, c’est bien au-delà. C’est une douleur fulgurante qui vient secouer tout ton être. Une souffrance qui rend Gabrielle vivante et lui fait prendre conscience de son corps et de l’urgence d’aimer.  Car Gabrielle est entière, souvent au bord de la rupture, à la fois désinhibée, fragile, triste et murée dans son silence. On la croit folle, alors pour éviter l’internement psychiatrique, elle obéit à sa mère. Elle se sacrifie et se marie par convenance avec José, un ouvrier taiseux aux épaules solides.
Mais Gabrielle erre dans l'attente, auprès d’un homme qu’elle n’aime pas. Son corps la ramène sans cesse à ses désirs brûlants et son envie d’aimer. Les douleurs reviennent de plus belles et l’empêchent d‘enfanter. Contre son gré, elle part quelques semaines en cure thermale. C’est dans ces montagnes qu’elle fera une rencontre brève mais inoubliable. Elle connaîtra enfin cette passion dévorante auprès d’André, un lieutenant blessé durant la guerre d’Indochine.
Mais son séjour arrive à son terme et après maintes promesses de se revoir, ils se quittent. Il est temps de retourner à sa vie car dans les années cinquante une femme respectable se doit de rejoindre son mari.

Gabrielle ne défait pas sa valise. Son ventre s’arrondit. Elle lui écrit, elle attend que le facteur sonne, un signe, un espoir, une délivrance, sous le regard bienveillant de son mari. Lui seul connaît la vérité et comprend le mal de pierres qui la ronge, mais il accepte et aime sa femme plus que tout. Dans un silence cérémonial, ils attendent, lui pour elle, et elle pour un autre. Ils ne sont qu’attente, des semaines, des mois, des années …

 -         -  Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
-          - Je voulais que tu vives.

L’absence et le manque maintiennent la passion en éveil, mais peuvent détruire quand l’amour n’est que rêve et désillusion.

« Que fais tu ? Où es tu ? J’ai peur pour toi ! Je n’ai pas défait ma valise. Je ne fais qu’attendre, je ne suis que ça, ton corps m’a envahi, je suis plantée en toi, je suis seule avec toi ... j’ai perdu les mots. »

Nicole Garcia nous dresse un portrait de femme hors du commun. Elle signe avec élégance une histoire troublante et passionnante. Certains cadrages caméra sont exceptionnels et sublimés par le choix musical « La Barcarolle de Juin » de Tchaïkovsky. Même si l’œil lubrique du Bison a manqué de scènes torrides, il est justement plus intense de se laisser envahir par son propre imaginaire. On vit de l’intérieur l’être incandescent incarné par Marion Cotillard. Mais mon attention a particulièrement été captivé par le charisme de José, Alex Brendemühl. Son ardente patience et sa quête d’amour palpable m’ont touché, ou me suis-je tout simplement noyée dans le bleu de ses yeux ou peut être cet accent castillan qui me rappelle tant mes racines.

« Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu'au moins, je sente le manque de toi. »     

Mal de Pierres … Ni heureuse, ni malheureuse.





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