vendredi 31 mars 2017

Lecture à l'aveugle ! 3 Enfin dévoilée !





Dimanche 2 avril, le jour se lève en Norvège,  
il pleut sur Bergen et mes collines. 
Un temps idéal pour découvrir ma lecture à l'aveugle. 
La pluie dévoile les saveurs de ce livre mystère.


"Un territoire fragile"

D'Eric FOTTORINO

Les Editions Folio
2000 








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Deux jours avant : Vendredi 31 mars 2017


















Auteur(e) : Inconnu
Titre : Inconnu
Année : Inconnue
4ème de couverture : Inconnue



« Qui n’a pas vu la pluie tomber à Bergen ne connait rien de la pluie. »

Je suis accordeur à Bergen. Dans la famille nous accordons de père en fils. Mais faut-il parler d’instruments quand il s’agit du corps humain ? Avant de poser mes mains qui guérissent de tout ou presque, j’apprivoise, j’écoute les silences entre les mots et dans les mots. J’observe les gestes, je caresse du regard puis elles effleurent et se posent sur la chair ébranlée et comme dans un livre en braille, mes mains me racontent l’histoire d’un corps désarmé. 

« L’éloquence peut être muette, comme la plus profonde, la plus insoupçonnable des blessures. La mémoire est vigilante, elle avoue ce qu’elle veut bien. A tes mains de voir. Lis les peaux en aveugle. Tes mains doivent être aimantes, je veux dire avoir la force des aimants. » 
   
Splendide et diaphane, elle a poussé la porte puis est entrée dans un silence assourdissant. A la minute où elle m’est apparue j’ai compris que mes mains seraient vaines. Les maux à fleur de peau, un corps en désaccord mais je ne voyais qu’elle, Clara. 
Clara existe à peine ou si peu. A 23 ans, elle supporte son être avec résilience. Chaque interstice de ce corps étranglé porte les stigmates du désamour et le poids des regrets. La mère,  avare de tendresse, ne lui a donné que la vie. Puis un homme qui ne trouve sa virilité que dans le despotisme et les poings, la pousse à fuir avant de défaillir.

« Pour cogner, il préférait le contact de ma peau. Il frappait douze coups. Un, deux, trois, quatre…, s’éloignait sans un mot, grillait une cigarette. En ce temps-là, à Dublin, je passais ma vie à mourir. » 

A bout de défense, Clara quitte Dublin puis la France. Elle fuit une mère avide de sentiment et un homme qui l’aime trop, qui l’aime mal. Une annonce dans le journal, « Recherche biologiste océanographe à Bergen en Norvège », et c’est l’occasion rêvée pour tout laisser derrière elle. Mais ses vieux démons ne cessent jamais d'exister et l’étouffent peu à peu. L’oxygène lui manque, même au pôle mort
Le corps de Clara n'est plus en symbiose avec son esprit. Brisée de l’intérieur, sa chair s’est comme fossilisée, un cœur en hibernation hermétique à toute vie. Ce corps tendu à rompre ne lui appartient plus. Il est comme un geyser en ébullition. Comment tient elle encore debout avec ses maux qui la gangrènent ? Ce mal qui coule dans ses veines n'est ce pas la source qui la maintient encore en vie ? Elle est un mystère que mes mains aimantes ne peuvent toucher, pas encore, de peur de la briser. Suivre ses courbes lentement et elles me guideront à l’onde de choc.

« Pensez aux renards bleus empaillés au musée de Bergen. Il serait absurde de les masser. On ne masse pas les cadavres, Clara. La main et la peau se parlent, se répondent. C’est une affaire de confiance. On ne masse que les vivants, vous comprenez, des êtres immobiles mais vivants. »

Clara… Clara… Clara…

Le mal de mère, quand on cherche bien on finit toujours par crever…



Ce fut mon 3ème livre mystère et je trouve très excitant de partir dans un horizon littéraire totalement inconnu. A l’heure qu’il est, je ne connais encore ni l’auteur ni le titre. Ce roman fut pour moi un coup de cœur et un coup de poing. L’auteur, par son écriture, a su toucher mon âme sensible. Pour décrire aussi bien le corps d'une femme, la douleur et la sensualité, je vois un homme aux grandes mains et d'origine française. J’ai plongé dans l’histoire. J’étais Clara, presque étouffée par son manque d’oxygène. Dans mon ventre, j’ai ressenti le désert affectif. Mon cœur s’est serré quand il a goutté au manque, aux mots, aux caresses et quelle douceur, à Bergen, ces gouttes de pluie sur ma peau meurtrie.

Clara… Clara… Clara… quand on cherche bien, le soleil finit toujours par briller, même au Pôle Nord !


Un grand merci à mon grand Manitou de la vaste plaine pour ce livre mystère.

J’ai hâte que le jour se lève sur Bergen pour découvrir ce livre de tous mes tourments, et ce que cachent le titre, l’origine et l’auteur ! 


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Skoll
« Un jeune colosse blond m'a fait signe de venir les rejoindre en criant "Krol!". Krol signifie crâne, Olav me l'a dit. Une énorme chope en main, les matelots trinquent à la manière des Vikings, "kroll, Kroll!", dire qu'autres-fois ils buvaient dans le crâne blanchi de leurs victimes »

« Dans la patrie de Grieg où tout un chacun a essayé au moins une fois d'interpréter sa fameuse suite de Peer Gynt, le plus humble foyer abrite un violon et son archet »



Et si mon avis ne vous à pas convaincu il vous reste celui de ma blonde venue du froid ICI

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