dimanche 30 novembre 2014

Les jumeaux de l'île Rouge

Brigitte Peskine

Bayard Jeunesse

Tout public
2014
181 pages
11,50 €




« J’avais la conviction que, si je ne retournais pas là où tout avait commencé, je ne pourrais jamais être heureuse. Plus je parlais, plus j’entrevoyais, enfin, ce que j’avais tant de mal à m’expliquer. Et a fortiori à partager. Comme si j’étais « mal née » et qu’il fallait que je naisse à nouveau. »

Cléa 16 ans, partagée entre son mal de vivre et sa crise d’adolescence. Amputée d’une partie de son histoire, elle se pose mille et une questions sur ses origines. Les liens du sang, les liens du cœur, le pourquoi de son abandon et de son adoption. Vient se rajouter à ce mal-être le racisme qui  l’entoure. En effet Cléa et son frère jumeau Brice ont la peau couleur ébène de leur pays d’origine, Madagascar.

« En France, si vous n’êtes pas blanc, il y aura toujours quelqu’un pour vous le faire sentir. »

Comme si cela ne suffisait pas, naître jumeau à Madagascar est une malédiction, Fady, en malgache,  ce qui est interdit, ce qui est tabou. Rejetée par son pays d’origine et son pays d’adoption Cléa habitée par une rage permanente, appelle au secours ses parents de cœur.

De trop grosses valises à porter pour grandir et se construire.

Christine et Bernard, parents aimants et à l’écoute de leurs enfants, vont au risque de les perdre, leurs faire le plus beau des cadeaux, un été à Mananjary, leur village d’origine. Parce qu’ils savent que seul ce périple permettra de réconcilier passé, présent et avenir. Un voyage synonyme d’échanges, par mails entre parents, enfants, habitants Malgache et même via un journal intime.

Ce sont tous ces écrits que Cléa décide de remettre à Brigitte Peskine qui fera de ces émouvants échanges  épistolaires un magnifique roman initiatique.

Un très beau voyage à Madagascar où se mélange le pire comme le meilleur. Par sa richesse et son authenticité cette superbe histoire nous apprend beaucoup sur les traditions, les différentes ethnies ou le racisme au sein d’une même culture.

Les jumeaux de l’île Rouge, Cléa et Brice pas à pas vers la renaissance et la reconstruction de soi…


« Finalement, peu importe d’où on vient et où on vit. C’est en nous que se trouve la seul richesse. »




Un grand merci à Babelio et aux éditions Bayard jeunesse 
pour cet émouvant Aller/Retour

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dimanche 2 novembre 2014

Lecture à l'aveugle ! J'ose !






Auteur(e) : Inconnu
Éditeur : Inconnu
Année   : Inconnue

Expéditeur : Petit curieux ;-) 


Tout comme moi, vous saurez tout de ce roman 
dans quelques heures. 
Mais avant tout, venons en à ce livre de tous 
les mystères et de tous mes tourments. 



"Qui toujours espère Dieu le perd."
(Proverbe Afghan)



"Un air de folie creuse son visage. Alam songe aux déments des hauts plateaux, les rescapés des tueries, ceux qui assistèrent à l’incendie de leur maison, au viol de leurs filles, à la décollation des pères ou des fils à la hache."

Comment parler d’un livre dont je ne connais ni le titre, ni l’auteur, ni la nationalité, ni la quatrième de couverture ? Mon premier livre mystère, bien cacheté et enveloppé avec soin, ne révélant rien de son identité et quel livre ! Un véritable coup de poing auquel j’étais loin de m’attendre !

A dire vrai les trois premiers chapitres ont eu bien du mal à attirer toute mon attention. Et pour cause, mettez-vous un bandeau devant les yeux et marchez sans hésiter ! Même si on vous dit que la route est sans embûche, vous ne pouvez marcher qu’à tatillon. Mais une fois le fil de l’histoire en main, quel bonheur ou plutôt quelle souffrance ! Je ne sais pas qui a le plus souffert en moi : la femme ou la mère que je suis ? ! En refermant ce livre, je suis restée dans un chaos profond. A l’heure même où j’écris ce billet, je ne connais encore rien de ce livre mystère, mis à part qu’il est d’une écriture violente, bouleversante. Une histoire tragique qui me laisse avec cette interrogation :

Dieu existe-t-il vraiment ?

Puis j’ai pensé à une citation que j’affectionne particulièrement recueillie dans « Le choix de Sophie »

"La déclaration la plus pertinente faite jusqu'à ce jour sur Auschwitz n'était pas une déclaration, mais une réponse :
La question : "A Auschwitz, dis-moi, où était Dieu? "
La réponse : "Où était l'homme ? "

Mais alors qui sont les hommes ? Si quelqu'un connait la réponse ! Je réalise aujourd'hui combien nous sommes ignorants du monde qui nous entoure. Étriqués dans notre petit confort, qui sommes nous réellement pour juger autrui sans connaitre, sans savoir ? La parole de  Mahomet est-elle plus sainte que celle de Jésus ? Allah est-il le plus grand, l’Omniscient, sur cette terre ici-bas et dans l’au-delà ?

Dieu est en nous, comme le bien et le mal. Nous disposons des mêmes choix à la naissance mais pas des mêmes chances, c’est une évidence !  Ce livre n’excuse en rien toute cette violence mais il fait comprendre combien l’homme est manipulateur et combien il peut être manipulé.  

« Pourquoi lui-même avait-il le pouvoir de sacrifier ou d’épargner des êtres constitués de plusieurs dizaines d’années d’existence sur cette terre et riches d’une foule souvenirs, de secrets, d’aspirations ? On l’encourageait à jeter des bombes sur des visages et à se récrier de joie pour des motifs de sainteté ou d’honneur. »  

Ce roman nous emmène tour à tour à Paris, dans les montagnes du Pakistan et sur les hauts plateaux du Kandahar en Afghanistan. Là-bas, les mots sont remplacés par des bombes. Les seuls rêves accessibles, sont les mirages produits par La Blanche qui se diffuse dans les veines meurtries.  En guise de jouets, les garçons brandissent des kalachnikovs. Les paysans sont déchiquetés et brûlés. Les femmes sous leurs burqas sont vitriolées. Les jeunes enfants pleurent à l’ombre des cadavres. La seule source de chaleur dans ces existences vient des bombes qui explosent. 

Alam, onze ans, grandit sur cette terre de désolation. Il est tiraillé entre la sagesse et la fascination que lui inspire son grand frère, contraint par la misère à rejoindre le djihad ou à finir en martyre.

« Qu’est ce que vous croyez ? Que je vais vivre comme vous dans la mendicité ? Vous osez me juger ? Dieu me guide vers la victoire !  »

Tout commence en France dans un centre de réfugiés pour enfants de toutes origines. L’auteur (e) nous embarque dans la course effrénée d’Alam entre présent et passé. De Paris, terre promise mais aussi de désillusions, au Kandahar, terre aride uniquement baignée par le sang, nous suivons Alam parmi les rebelles, les insurgés, la vermine, la mort, le souvenir de la belle Malalaï et l’espoir qui s’étiole…

L’auteur(e) m’a parfois un peu perdu mais uniquement par mon ignorance du monde arabe. Alam est toujours parvenu à me reprendre la main pour le suivre sur le chemin de sa vie et me faire comprendre ses sacrifices, sa croix et ses choix ! Mais est ce vraiment un choix ? N’est ce pas plutôt la fatalité ?

Dieu seul le sait…

« Les habitants de cette planète devraient changer leurs méthodes, répondit calmement le Bengali. Toutes les créatures de Dieu sont faites pour l’amour, les humains et les moutons, les poissons de la mer, les chacals et les rossignols. Le bonheur appartient à celui qui s’abstient de blesser ce qui vit, même le papillon.  » 

Par la violence des faits et des mots, j’imagine la plume française d’un homme. Il me plait à imaginer un titre comme  :

 « Alam, l’oublié d’Allah » ou « L’évanoui de Kandahar ».

Ragas & Sagas - Passions & Légendes


Pour connaître le titre, l’auteur et l'expéditeur de ce livre rendez-vous demain !


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**** Roulement de Tambour ****


Opium Poppy
D'Hubert Haddad
Aux éditions Zulma
2011



C’est avec une certaine excitation non retenue que j’ai décacheté ce livre mystère… Quel plaisir de prendre le temps de découvrir ce roman, on irait dit une petite fille devant son sapin de Noël !
J’étais très émue par le titre… OUI… parce que je m’en veux d’avoir négligé dans mon billet la place importante que tient la douce et attachante Poppy dans cette histoire tragique.

De moi-même, je ne serai jamais allée vers un sujet si grave et fort, et pourtant un roman coup de cœur ! Finalement une très bonne idée, cette lecture à aveugle, qui nous permet d’aller vers d'autres horizons littéraires inconnus.  J’adresse donc un immense merci à Jérôme, qui ne m’a pas épargné avec ce livre poignant. Un voyage à la fois fascinant par les paysages, les traditions, les cultures et bouleversant par la dure réalité des faits.

Un très bon choix Jérôme Encore MERCI ! 

** Message perso à quelqu'un qui se reconnaîtra : 
"La Blanche = Opium ;-) " 

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