jeudi 28 mars 2013

La guerre des lulus


T1 La maison des enfants trouvés
 
Scénario : Régis Hautière
Dessin : Hardoc
Couleurs : David François
Editeur : Casterman
56 pages

 

Ne sont-ils pas trognons comme tout, les Lulus ?

















Lucas, Luigi, Ludwig et Lucien, de tous, mon préféré, c’est le petit dernier, Lucas. Son jeune âge  lui vaut d’être naïf et de poser des questions tellement évidentes que l’on ne peut que craquer pour  sa frimousse.
Luigi, Lucas, Ludwig et Lucien
 
Nous sommes l’été 1914. Les  Lulus sont quatre pensionnaires de l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt  au fin fond de la Picardie. Inséparables, espiègles, toujours à se chamailler et à l’affut des 400 coups, cette bande de copains s’échappe toujours, ni vu ni connu je t’embrouille,  pour aller s’évader dans les bois et construire une cabane perchée sur un arbre. Un univers douillet bien à eux, un monde  d’évasion mais surtout un lieu stratégique où ils auront une vision sur le monde extérieur.
C’est lors d’une de leur sempiternelle fuite que les troupes militaires françaises interviennent à l’abbaye pour évacuer d’urgence les enfants ainsi que tous les habitants du village, car l’ennemi arrive et la guerre gronde avec fracas. C’est ainsi que nos garnements vont se retrouver seuls. Qu’il fait bon vivre dans l’insouciance! Plus de règle, plus d’ordre, enfin la liberté! Ils font ce qu’ils veulent et se goinfrent de confiture du matin au soir. Mais très vite ils vont être rattrapés par la vie! Isolés de tout et de tous, livrés à eux-mêmes ils vont comprendre peu à peu l’enjeu de cette guerre et se dire : "finalement les adultes ne sont pas si terrible que ça".
 
Mais qui est cette jeune fille venue de nulle part ? Comme c’est drôle, elle s’appelle Luce, une autre Lulu. Les garçons ont juré de la  protéger et l’aider à retrouver ses parents, croix de bois croix de fer… n’est-elle pas une Lulu également ? Et voilà nos cinq compagnons de misère qui vont essayer, tant bien que mal, de se sortir du tumulte et de l’effroi  de la guerre.
Mais les bombardements résonnent, les allemands arrivent, ainsi que  l’hiver, le froid, la faim et la peur.
Adieu Monde d’Insouciance, à Nous Deux Monde Cruel!
La guerre nous est contée, ici, à travers les yeux et  l’innocence de ces cinq enfants. Le texte  est drôle et touchant, le graphisme est sublime et les couleurs sont généreuses.
Vous avez dit orphelins ?  Nannn ! Désolée  pour vous,  je viens de les adopter ! Mes Lulus, un tantinet Lunatique, très Lumineux, de vrais  Lurons.

Un tome 1 prometteur et un tome 2 auquel je ne saurai résister…
 
Lucien
 
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mardi 26 mars 2013

Le Combat ordinaire 2

Les quantités négligeables
Manu Larcenet
Edition : DARGAUD




 […] Quoi qu’il nous arrive, je ne veux jamais renoncer à ta beauté […]

Voici la phrase qui m’a convertie à la bande dessinée. Une douzaine de mots qui ont eu l’effet d’un électrochoc et m’ont laissé sur le carreau.
Il y a trois mois à peine je ne jurai que par un roman, un bon pavé Zolien pour m’embarquer dans un monde d’évasion et voilà que ces soixante quatre pages de Larcenet, pardon, du très grand Larcenet, m’ont suffi  pour me proclamer définitivement bédéphile.
Cet album est tout simplement splendide ! Que dire de plus que les autres critiques n’ont pas dit ? Qu’il est troublant et profond ? Que les larmes me sont montées aux yeux et qu’en refermant ce livre, je suis restée là quelques minutes à me demander qui suis-je réellement ?
Sous ses allures de dessins enfantins, cette histoire est touchante, drôle, nous bouleverse et nous laisse coi, car en chacun de nous sommeille un «Marco», une personne qui découvre peu à peu ses erreurs et  va comprendre que finalement la vérité, les gens vrais, le bonheur ne sont pas forcément là où il le croit.
Cette bande dessinée nous parle de la mort, du deuil, de nos angoisses, de la médiocrité, d’un cargo qui sombre et qui sombre encore. Mais elle parle aussi d’Amour, du Lien, du Divin et nous apprend qu’au bout du chemin, si l’on regarde bien nous pouvons voir une petite lueur qui scintille.
Il suffit d’ouvrir grand ses yeux, son coeur, et se laisser porter.
Alors je ne vous raconterai pas l’histoire, je ne vous dirai qu’un seul mot, plutôt deux :
Lisez-le !    
 
Mille Mercis pour ce conseil de lecture et pour m'avoir présenté Marco et surtout Larcenet.

M&M's les 30 recettes culte


Claire GUIGNOT
Les tout petits de Marabout
 
 
 
Il y a les expertes qui les rattrapent à la volée et hop dans la bouche. Il y a les épicuriennes qui les sucent et les font fondre sous la langue pour laisser jaillir leur arôme inoubliable. Il y a les patientes qui prennent leur temps et font durer le plaisir car même dans la main ça ne fond pas. Et il y a les goulues qui croquent directement ! Avalé c’est pesé ! Tout juste le temps d’apprécier le goût et la saveur.
Nous, nous sommes gourmandes et aimons prolonger l’extase … Et puis, plus leurs cacahuètes sont grosses plus nous apprécions !

Mais dites-nous, vous pensez à quoi ?
Nous pensons à la même chose n’est pas ? Les M&M’s !

Il y a les jaunes qui aiment montrer leurs cacahuètes : de vrais exhibitionnistes ceux-là !
Il y a les rouges, les grands timides qui ne dévoilent pas à tout le monde leurs coeurs tout chocolat à l'intérieur.
Il y a les bleus, des supporters en béton armé : Allez les bleus ! Allez les bleus ! Une farandole de couleurs à laquelle nous nous abandonnons lascivement…Complètement caK.Otées que nous sommes !
Si comme nous, vous aimez fondre de plaisir, procurez vous sans attendre ce petit livre : M&M’s et ses 30 recettes culte.





Ces délicieux bonbons s’éclatent, pour notre plus grand bonheur et nous laisse découvrir des recettes toutes plus drôles et plus dingues les unes que les autres. Tout cela pour le plaisir de notre M&M’s-ophage préféré mais aussi des grands et des plus petits.
Nous passons de M&M’s à l’envers la préférée de Chris (Hummm ! Une recette qui la laisse sans dessus dessous), aux sucettes mendiantes d’Hahasiah (Toujours partante pour aider les indigents surtout s’il s’agit de bomecs...Oups! de bombecs !) à Monsieur M&M’s aux pralines ; toutes les deux n'en font qu’une bouchée (quand il s’agit de boulotter des pralines, ce ne sont pas les dernières !).

Faites comme nous : succombez à la tentation, retombez en enfance, abandonnez-vous au plaisir et laissez vous fondre comme neige au soleil!
Aucunes de ces recettes ne vous laisseront de glace…Testées et approuvées par 2 manU’s Angels.


Mais vous, dites nous un peu : Expert ? Épicurien ? Goulu ?
Et toi manU comment les aimes tu ? N’abuse pas trop du chocolat qui fond dans la bouche et pas dans la main.
A notre M&M’s grandeur nature : un cœur tendre caché sous une couverture craquante et pétillante. 100% beurre de cacao et bonne humeur. Garanti sans conservateur (mais hyper bien conservé le bougre ! Grrrr !). Colorants naturels (teint hâlé entretenu avec force séances de bronzage intensif d’où nombreuses lectures à la plage), tablettes de chocolat un peu fondues (la faute au soleil durant la bronzette) mais appétissantes, tempérament fougueux mais un brin mystérieux (à ce jour, nous ignorons encore s’il porte, oui ou non, une cacahuète en son for intérieur).

 
manU sucré, manU chocolaté
manU croquant
manU fondant
A toutes les heures
manU tu nous mets THE FEVERRRRRRRRRRRRRRRR !!!!
 




Bonne fête manU ! (Qu’est ce que «Tes drôles de dames» ne feraient pas pour toi ! )


Hahasiah & Chris 
 
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dimanche 24 mars 2013

Les perles des bulletins de notes

Préface de Jean-Paul Brighelli

Jean-Claude Gawsewitch
ISBN 978 2 35013 284 6
157 pages
2011

(Offert)


Je confirme manU, pour avoir de l’humour les profs ont de l’humour!

Trois personnes en moi ont lu ce livre, la lectrice qui a sourit  à toutes les perles, la maman qui devient sérial  killer dés qu’on touche à sa fille et l’étudiante, l’éternelle amoureuse de son prof d’histoire.
La lectrice  lève son chapeau aux excellentes répliques et à l’humour grinçant. Il faut quand  même une bonne dose de folie pour écrire ces aphorismes, métaphores et autres perles sur une copie.   Le prof devient plus accessible, ouvrant ainsi une porte de communication, et tellement plus subtil que l’ennuyeux  : Passable, A bien, Bien, Peut mieux faire……..
Dernier entré, premier sorti ! Ne fait rien mais le fait bien.
A touché le fond mais creuse encore.
Et Bing ! 18/20.

La mère : Me connaissant au vu de certaines réflexions assassinent,  j’aurai certainement pris ma plume pour prendre mon pied et commenter certaines réflexions comme :
Très attentive... au vol des mouches.

Si votre cours était plus intéressant, Monsieur, ma fille s’intéressait moins à l’anatomie et à  la
mécanique de vol des mouches!        

 
Avant d’apprendre la leçon, n’oubliez pas d’ouvrir votre classeur!

Ah ! Parce que vous appelez ça une leçon ? J’aime beaucoup votre humour, Monsieur, merci
d’accepter le mien !

L’étudiante : Monsieur Joubert comme j’aimais vos petits réflexions pleines d’Amour, Oups! d’humour, à coté de mes notes catastrophiques, moi qui croyais que vous m’aimiez bien, alors que vos commentaires n’étaient que  moquerie :
Elève agréable quand elle n’a plus de voix.
Se retourne parfois … pour regarder le tableau.
Année sans histoire, et sans géographie d'ailleurs.
 
Lectrice, maman ou étudiante, ce petit carnet est un joli petit moment de récréation.
 
Mon post it :
Je remercie ces enseignants qui font le plus beau métier du monde et porte sur leurs épaules  «l’éducation» de nos chères têtes blondes. Leur métier devient de plus en plus difficile à exercer. On leurs enlève toute autorité face à des adolescents violents et irrespectueux, des classes surchargées, mais surtout cet argent gaspillé par l’état  au lieu de financer une cause fondamentale :  l’Education nationale.  Nos enfants  représentent la France et le monde de demain, donnons leurs les moyens !

Merci manU pour ce livre. De l'humour que j’adore !







«Les meilleurs professeurs sont ceux qui savent se transformer en ponts, et qui invitent leurs élèves à les franchir

 Nikos Kazantzakis

 
 
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dimanche 17 mars 2013

l'Avenir perdu

Goetzinger
Jonsson
knigge

Les humanoïdes associés
ISBN : 9 782731 609844
61 pages

Troc de l'île (2€)



Homme Ô, sweet homme !

N’est-il pas craquant ce sourire et ce regard de première page ? Comme j’aimerai croiser ce même regard venant d'un homme ou une femme. Pourtant ce sourire sera gâché par la maladie mais surtout par les préjugés. Cette B.D date de 1992, et oui une vingtaine d’années déjà, et j’ose espérer que les jugements préconçus ont bien évolués depuis.  

Tim et Peter s’aiment follement. Ils habitent Hambourg.  Tim est  serveur et Peter journaliste pour le magasine Stern. Ils habitent ensemble depuis un an mais cette relation est gâchée par des parents incompréhensifs ou plutôt par le père de Tim qui n’accepte pas la sexualité de son fils et d’une mère qui se mure dans le silence pour éviter tout conflit. Et puis le couperet tombe : Tim apprend qu’il est séropositif et  Peter lui annonce qu’il doit partir trois mois à New York pour son journal. Ses parents, son entourage, vont-ils lui tourner le dos à l’annonce de sa séropositivité ?  Que cache le comportement soudain de Peter ?  L’amour sera-t-il vainqueur ?
 

Tout au long du livre nous sommes bercés par de belles références, comme «Le Petit Prince», le film «Querelle» de Rainer Werner Fassbinder et de belles chansons comme celle de  Steve Harley et Lee Clayton «Sebastian». L’histoire m’a bien sûr ramené au magnifique film Philadelphia avec Tom Hanks.
 

Cette B.D m’a beaucoup touchée car elle aborde avec douceur, douleur et émotion l’homoséxualité et toutes les barrières que l’on rencontre, encore au XXI siècle, dans une société qui se dit libre et tolérante.  Mais nous portons une histoire religieuse lourde de conséquence et une éducation étriquée. La sainte parole renie l'homosexualité pendant qu'elle ferme les yeux sur la pédophilie au sein même de leurs églises.
 
 
Combien de parents osent parler librement de l'homoséxualité de leur enfant ? Combien de réflexions assassines encaissées et d’humours acides essuyés ? Combien de gestes irréversibles pour ne plus avoir mal ou honte ? Qui suis-je pour donner un jugement ? En quoi suis-je offusquée de voir mon voisin embrasser son compagnon ou une amie tenir la main de sa copine ? Serais je égoïste et dépourvue de sentiments au point de ne pouvoir accepter le bien être d’autrui tout simplement parce qu’il aime une personne du même sexe ?  La bible parle d'aimer son prochain et de tolérance, quel paradoxe!


Je dédie cette B.D à tous mes Hommes Ô !  Jonathan, Olivier, Antho, Bruce, Philippe et bien d’autres que je ne citerai pas pour éviter la lapidation. Mon Gilles, tu n’as jamais osé me l’avouer pour t’alléger le cœur, comme je le regrette car c’était tellement toi, tellement évident et beau à mes yeux. Je dédie également cette histoire à Isabelle qui m’a appris à vivre et accepter ce masculin qui sommeille en moi et assumer ce féminin qui m’a tant fait souffrir. Pour finir j’envoie un petit message sans haine ni colère à  ces personnes qui ne comprennent pas ou ignorent : Quand vous croisez un couple du même sexe, ne baissez pas les yeux, ne vous retournez pas avec ce petit sourire méchant et sarcastique qui fait tant mal. N’avez-vous pas idée de cette souffrance cachée de ne pourvoir vivre un amour en plein jour, ne serait ce que de se tenir la main comme toutes personnes qui s’aiment ? Soyez indulgent, tolérant, souriez à la vie et votre vie n’en sera que plus jolie.

A tous les Adam et Yves, l’Amour n’a pas de frontière, l’Avenir n’est pas perdu !
 
L'Art de rien, Paul, Oscar, Arthur, Marguerite, Colette, Voltaire, Cocteau, Satie, Simone, Chopin, Schubert, Léonard, Michel-Ange, Dali, Gershwin, James Dean, Gary Grant, Charles Trenet, Bowie, Daho….…………. tout le monde il est beau !
Annie Goetzinger
 
 
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jeudi 14 mars 2013

Une longue nuit d'absence

Yahia Belaskri
Vents d'ailleurs
ISBN 9 782364 130098
158 pages
Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique Babelio




 
 
 







Consternation !

Seul mot qui me vient à l’esprit en refermant ce livre. Comme tu as souffert mon Andalousie. Le sang a coulé dans tes ruelles, des corps déchiquetés ont endoloris ton pays,  des hommes ont oublié leur drapeau et leur patrie.

Nous sommes l’été 1936 à Malaga,  en pleine guerre civile espagnole. D’un coté les républicains, de l’autre les nationalistes dirigés par le général FRANCO. Paco a 16 ans, un sac à dos rempli de rêves et d’illusions. Il ment sur son âge pour rejoindre les républicains et défendre corps et âme  ses idéaux pour une Espagne libre. Mais Franco gagne du terrain et ressort victorieux de cette bataille. Devant un pays déchiré et à l’agonie il fuit sa terre vers l’Afrique du nord en clandestin et va continuer de se battre plus que jamais pour sa patrie. Mais il va connaître les méandres des camps prisonniers. Il sera victime de la faim, de la torture, du sang qui gicle. Il va être témoin de la folie des hommes, des corps désarticulés, des bouches que l’on bâillonne pour étouffer les cris des femmes, des hommes et des enfants.
 
Le pont de l'Europe Nerja (Malaga) à l'horizon
l'Afrique du Nord.
 
Dieu et son pays l’ont  oublié. Son cœur se remplit d’amertume, de colère et de désillusion. Mais au bout de cet enfer, Oran. Cette ville semblable à Malaga va l’adopter comme son propre enfant. Mais comment être heureux loin de sa femme, de sa famille de son Andalousie qu’il aime tant ? Combien de temps va durer cet exil, cette longue nuit d’absence ?
 
Me gusta Oràn!
 
Ce récit je l’ai pris en pleine figure parce qu’il raconte la mémoire de mes grands- parents, mais ma tendre enfance n’a pas voulu l’entendre. Ce livre vient me rappeler leurs paroles et aujourd’hui je comprends. Comme Paco ils ont  fuit leur Andalousie mise à feu et à sang dans l’espoir d’une vie meilleur ailleurs.
 
L’écriture de Yahia Belaskri est fluide, généreuse et sincère. Le texte est puissant, juste et fort en émotion mais sans  apitoiement, ni haine aucune. Ce livre ne raconte pas seulement mon histoire, il parle de la folie des hommes mais aussi des liens d’amour qui unissent les êtres et nous rappelle qu’il faut toujours aller de l’avant et se battre pour ses idéaux et ses rêves.
 
Yahia belaskri
 
Ce roman est venu à moi par deux fois, la première au salon littéraire du livre arabe où j’ai eu la chance  de rencontrer l’auteur, Yahia Belaskri qui m’a gentiment dédicacé ce livre pour un ami, et la deuxième, dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babélio grâce aux Editions Vents d’ailleurs.

Une longue nuit d’absence, mon Espagne, mon Andalousie…

Poignant !
  
Mon buvard à émotion :
Ce livre me tenait à cœur car il raconte mes racines. Lors de l’écriture de cette chronique, j’ai jeté des tas de brouillons à la corbeille car jugés trop pathos, trop intimiste, trop politique,  trop de ci, trop de ça….et puis un soir, grâce à un quiproquo,  une personne, ni vue ni connue, a fouillé dans ma corbeille et a ressorti mes petites ratures, mes petites blessures qui ne sont ni trop ci, ni trop ça, mais juste MOI. Parfois les quiproquos viennent tout balayer, comme un vent de folie, et nous rappelle que malgré les multiples facettes qui nous servent de façade notre vrai visage ressort toujours un jour ou l’autre pour dévoiler ce que nous sommes vraiment. Je t’aime  fort. Ni point ni parenthèse, jamais raisonnable, et toujours incontrôlable. Merci !
 
Mes marque-pages :
"La mer appartient à ceux qui ont des bateaux".
"Dans les villages, on pend aux arbres et le sang ruisselle sur les collines. les poètes sont ensevelis avec des mots dans leur bouche éteinte. les fascites avancent sur les routes".
 "Les conditions de sa détention étaient terribles, dix femmes par cellule, confiées à un curé sadique et pervers, qui les a profondément traumatisées par ses méthodes, confessions publiques, châtiments corporels, vexations continuelles, insultes et récriminations quotidiennes, mépris affiché pour ces Putas qui protègents les ennemis de la nation, humiliations poussées à l'extrême".
"Déja il ne me reste ni peuple ni drapeau, ni frère, ni espoir. Il ne me reste plus qu'une attente confuse et convaincue d'une mort acceptée".
 
Adieu mon Espagne adorée,
dans mon âme je t'ai rentrée.
Et bien que je sois un émigrant
Jamais je ne t'oublierai.
(Chanson "El emigrante" 1949 Juanito Valderrama page 113)

Je remercie vivement Babelio et les éditions Vents d'ailleurs pour ce moment de lecture.


  
 
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mercredi 6 mars 2013

Les Lettres de mon Moulin

Alponse Daudet
Edition Hachette Librairie
1936




          
 



    
 
 
 
 Ma très chère Hélène,
 

Ce 1er mars je suis allée faire un petit tour à EMMAÜS. J’aime chiner dans ce grand bazar toujours à l’affût du coup de cœur qui va illuminer ma journée. La semaine dernière j’avais remarqué des petits classiques très anciens de la  LIBRAIRIE HACHETTE. Mon attention s’est néanmoins, furtivement, portée sur autre chose mais depuis je n’ai cessé de penser à cette petite collection. Quel regret ! Alors j’y suis retournée avec l’espoir de  trouver mon bonheur et un partage, clin d’œil, pour une personne qui m’est très chère.
J’arrive à l’ouverture. Ces allées livresques s’offrent à  moi et là je vois le rayon des livres anciens. Je suis déjà toute excitée à l’idée de fouiller et feuilleter. Ma musique dans les oreilles, Chopin est à l’honneur. J’enlève ma veste. Délicieusement  je m’assieds en tailleur et là je m’offre ce moment cérémonial : je prends les petits manuels un à un, lentement, doucement et me voilà partie à la recherche du livre qui m’attend depuis tant de temps. Cet instant unique n’appartient qu’à moi.

Mon dévolu tombe rapidement sur un petit recueil de «Poésies choisies» de Lamartine que je  connais peu, l’occasion se présente à moi de faire plus ample connaissance. Mais il n’est pas le coup de cœur que j’espérais, alors je continue ma poursuite encore et encore, presque déçue, mais je ne désespère pas, je sais qu’il est là, quelque part entre les pages, les phrases, les mots, les points et les virgules et soudain voilà qu’il vient se poser délicatement , tel un papillon, sur mes mains comme une évidence.


C’est votre livre, Hélène, que j’ai choisi pour mon ami. Ce petit recueil que vous avez choyé avec amour et tendresse. Je le devine  par sa qualité. Aucune page cornée,  aucune rature. Il ne porte que le poids des années passées  et en haut à droite de la première page on peut  lire votre  prénom écrit de votre main et le chiffre 38. Hélène, quel prénom si doux ! Ce livre vous avez du l’acheter ou peut être vous l’a-t-on offert il y a 75 ans déjà. Nous sommes en 1938, l’année de l’émancipation de la femme mais aussi l’année de la folie des hommes, de ses horreurs et de tous les regrets.

Cette édition date de 1936, adressée à la jeunesse, au vu du questionnaire que l’on peut voir en fin de livre. Étiez-vous écolière en jupe plissée bleue marine, petites socquettes blanches et chaussures vernies ? Comme c’est émouvant de savoir qu’il est le témoin  d’une d’histoire, d’un passé  heureux et tragique à la fois. J’ai relu, avec plaisir, quelques lettres au hasard et à chaque fois  je reconnais cette joie de vivre et cette solidarité si présente dans le midi. Ce livre était-ce une façon de vous  évader du tumulte de la guerre ?

Les lettres de mon moulin me remémorent mon enfance. A chaque histoire une petite morale à retenir. On y découvre la soif de liberté de "La Chèvre de Monsieur Seguin", un des sept péchés capitaux est à l’honneur dans "Les trois messes basses" et confirme que la gourmandise vient quand on a plus faim. Et ce lien humain qui pousse les gens à s’entraider dans "Le Secret de Maître Cornille", que c’est beau ! Tous les sentiments d’amour et de colère sont présents dans ce recueil et nous rappelle combien l’homme peut être fort et si vulnérable.


 
Je les connais pour les avoir aimées et étudiées à l’école mais également pour avoir habité durant des années non loin de ce Moulin à Fontvieille. J’y suis allée maintes fois me ressourcer au pied de ce bâtiment aux quatre ailes de géant. J’ai flâné sur les traces de Daudet là où son inspiration fut si féconde. Comme je comprends, il fait tellement bon se reposer à Fontvieille.  Quand le Mistral fait des siennes, son souffle nous ramène les vestiges du passé, alors on peut entendre le joueur de fifre et la voix  de monsieur Seguin  «reviiiiiiens Blanquette reviiiiiiens» et cet accent du midi si chantant à mes oreilles et si doux à mon cœur. Ces jolis contes provençaux sont immortalisés dans de très beaux films de Marcel Pagnol avec Fernandel et bien d’autres enfants du pays.




Comme je regrette la Provence, le chant des cigales, l’écho des Alpilles, les oliviers et ses magnifiques sentiers caillouteux qui sentent bon la garrigue, le thym et la lavande. 

Moulin de Daudet- Fontvieille-Alpilles-Bouches du rhône
 

 
Merci Hélène, ce livre va revivre quelque peu à travers lui. Je vous imagine feuilleter de vos doigts délicats ces pages et sachez que désormais ses traces se mêleront  aux vôtres pour mon plus grand plaisir et le sien. J’ai joint un peu de moi dans ce recueil, un petit moment d’égarement de ma vie, pour faire un peu partie de la votre. Où que vous soyez Hélène, ici bas ou ailleurs, soyez sereine, votre recueil est à présent sous le regard bienveillant et les mains affectueuses de cette belle personne.


 
Je voulais vous rendre ce petit hommage et peut être qu’un jour, qui sait, aurons-nous l’occasion de nous reconnaître au pied de ce moulin. Vous me raconterez ce que fut votre vie et moi je resterai là à boire vos paroles et peut être, nous tiendrons nous la main.

Alors comme aurait pu dire l’auteur du «Le Petit Chose»

 A Ben Léu!

Bien à vous

«Où serait le mérite, si les héros n’avaient jamais peur
A-Daudet

 

                                                                                                               Cristina




Provence- A.Daudet et F.Mistral


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vendredi 1 mars 2013

Le Foulard

Lourd de souvenirs
Mémoire  fraternelle
J’oublie son parfum
Pour m’enivrer du tien
 

Je m’enroule à n’en plus finir
Autour de ton cou fragile
Mon repos sur ta clavicule
ET voilà que je bascule
 
Ne resserre pas trop
Sur tes longs sanglots
Laisse aller les larmes
Laisse tomber les armes
 
Tes infidélités estivales
M’abandonnent tout l’été
Pour des baisers fébriles
Et des caresses futiles
 
Ces trahisons infécondes
Sur cette gorge profonde
J’imagine tous ces bienheureux
Qui me rendent si malheureux
 
Mais j’aime ton cou gracile
Et ses humeurs versatiles
Je les pardonne toujours
Pour être tien mon Amour
 
Viens que je te réchauffe
De mon coton  langoureux
J’aime tant  l’hiver et le froid        
Qui me rapproche de toi
 

Je m’enroule à n’en plus finir
Je m’enroule pour te retenir
Car de ce décolleté andalou
Mon Dieu que j’en suis fou
 
 
                                 Cristina
 
 
 
 
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