mercredi 20 février 2013

LES CHRONIQUES d'un MALADROIT SENTIMENTAL

V. Zabus  D. Casanave  P. Larcenet

Bande dessinée
T.1 - Petit béguin & gros pépins
ISBN : 978 2 7234 9133 4
Editions : Vents d'Ouest



 
 

Gérard Latuile, un boulet vous avez dit ? Oui, mais tellement attachant et sentimental avec son petit air à la Pierre Richard et un soupçon de George Clooney. Bon d’accord, plutôt Woody Allen ! Gérard Latuile, 33 ans, est comédien, spasmophile, timide et surtout très maladroit. Pas de chance car à la vue d’une femme, il perd tous ses moyens. C’est très ennuyeux car en plus il les aime avec une forte  poitrine. Son nez s’engourdit, apparition de petits points noirs devant les yeux, crampes, Ah ben merde on vient de perdre Gérard! De plus, une multitude de personnages viennent envahir son imaginaire et lui prendre la tête comme son psy, son voisin, la passante, sa mère et même son double  plus âgé : Sa Conscience.

 Et puis Gégé parle à haute voix, s’adresse à moi lectrice et me nargue avec délice :
[…]Je vous sens tendu? Vous râlez parce-que c’est vous qui payez l’album et que c’est moi qui profite de la séance de thérapie?[…]

Justement, il a un rencart ce soir Gérard avec Florence, mais voilà,  Florence a 40 ans, Florence a trois enfants, Florence vit à côté de son ex ! Au secoooouuursss !
 […]Oh ! Je viens d’apprendre que la femme de ma vie à trois enfants, vous pouvez me laisser le temps de digérer l’info?![…]

Ses crises d’angoisse reviennent et puis sa conscience se rappelle à nouveau à lui.
-Une femme plus vieille que toi et divorcé !
-Ecoute, m’man, j’ai déjà du mal à me lancer, alors…
-Mais tu n’es pas capable de planter un clou !
-Quel rapport ?! Le but n’est pas d’être engagé chez monsieur Bricolage…Fait chier.. Vlam !
 
Vous avez passé une dure journée, les courses, le boulot, les enfants chialent, les femmes sont chiantes, les hommes n’en parlons pas ce serait un pléonasme : J’ai la solution ! Cette BD, un moment de détente, une récréation, une vraie petite friandise. A chaque page pour ne pas dire à chaque bulle, un rire, des clichés qui font sourire et cet humour, un régal. Ce Gérard m’éclate et me fait craquer. J’ai envie de le prendre dans mes bras et lui faire un gros câlin. Viens mon Gérard, viens chercher bonheur, je suis là, ne t’emballe pas trop vite et puis j’ai rendez-vous avec toi, pour le tome II. Mais avant tout Cristina va t’offrir une leçon : Comment séduire une femme, à toi je veux bien le dire Ce Secret…
 
Un grand Merci à Claude 
 
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lundi 18 février 2013

Une nuit à Rome

Tome I
Scénario & dessins Jim
Couleurs Delphine & Jim
Editions : Grand Angle

ISBN : 9 782818 909706
Sortie : Mai 2012




 







Une femme nue, une falaise en Italie, le vide et puis la mer. L’horizon à l’aube, un regard, elle hurle «VA FAN CULO !!!» et saute. La petite fille qu’elle était, la fille, puis la jeune femme, puis la femme d’avant 40 ans vont-elles mourir ce matin ?






 
Trois jours avant :
Raphaël va fêter ses 40 ans dans quelques jours. Il est heureux, il aime Sophia, Sophia l’aime, et puis un cadeau arrive pour son anniversaire, une cassette VHS. Cette bande, enregistrée il y a tout juste 20 ans, va bouleverser sa petite vie tranquille. Pourquoi a t-il filmé cette promesse faite à Marie il y a si longtemps. Amoureux fou de cette femme, Raphaël promet, quoi qu’il advienne,  de passer la nuit de leurs  40 ans ensemble. Marie et Raphaël sont conscrits, ils s’aiment d’un amour violent. Mais Marie le quitte. Raphaël va toucher le fond mais tant bien que mal il s’en sortira. Alors pourquoi est il si troublé et pourquoi revient-elle aveccette promesse ? Elle n’a pas oublié ce pacte et lui demande de venir à Rome comme promis pour une nuit, une seule.

 
Ca a tout réveillé, ma période
 beaux-arts, mes peintures,
la vie que je rêvais d'avoir...
Bref, tout...

Raphaël ne l’aime plus, du moins il essaye de s’en convaincre. Cette femme, qu’il a dans la peau, revient le hanter. Arnaud son meilleur ami, l’exemple même de l’homme fidèle, va tenter de le raisonner et le conseiller. Pourquoi foutre sa vie en l’air juste pour une partie de jambe en l’air ?
 
 

[…] Le sexe c’est avec elle. Avec une autre ce serait quoi ? Différent ? Mieux ? P’têt… Ouais, p’têt que je loupe des trucs… Mais j’en gagne tellement d’autres…
Hier soir elle était coincée à bosser de nuit à l’hosto pendant ton anniv’, moi j’aurais gagné quoi à me lever une des trois petites ? Franchement ? […]

 Mais Arnaud est il vraiment l’image de la fidélité et pourquoi a-t-il du mal à se confier à son ami ? Quel choix Raphaël va t’il faire ? Aime-t-il suffisamment Sophia ?
Comment résister à un beau souvenir, une promesse inconsciente vieille de 20 ans ?

La belle et sage Sophia ou la sulfureuse Marie, mi ange mi démon ? Son choix est fait!


Putain sa voix. Juste sa voix qui dit "Allo". trois fois "Allo".
Je suis à ses pieds.
 
J’ai commencé cette BD et je ne l’ai plus lâchée jusqu’à la dernière page. Certes, cette histoire semble légère et à l’eau de rose, mais c’est un vrai diesel, elle nous prend petit à petit et monte en puissance. Le graphisme est agréable et tout en finesse, de beaux plans sur les regards et de belles prises de vues sur la nature. Les dialogues sont remplis de réflexions chics qui font chocs. On est tenu tout le long par le personnage principal Raphaël. On compatit à sa souffrance et on partage cette question qui nous taraude et ne nous quitte plus : Quelle décision va-t-il prendre ?
Et moi qu’elle décision aurai-je prise ? Je le sais, et vous ?

«Le cœur a ses raisons que la raison ignore », ce proverbe de Blaise Pascal, qui a traversé les siècles,  est particulièrement adapté à ce récit. La raison sera-t-elle de mise ?
Pour le savoir rendez-vous avec le tome 2 à venir. J’ai hâte, comme j’ai hâte…

 
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vendredi 15 février 2013

Le sursis

Jean-Pierre GIBRAT

Edition intégrale

ISBN : 978 2 298 02651 1

 
Cambayrac, petit village de l’Aveyron. Dans cette paisible bourgade du midi Pyrénées, il y a la jolie Cécile, Paul le jeune toubib, Serge, Fernand qui tient le bar du coin, Angèle Fourcadelle une femme adorable que tout le monde voudrait avoir comme tante. Mais dans cette petite commune sans histoire le calme n’est qu’apparence.

Nous sommes l’été 1943, en pleine guerre et désarroi.  Deux gendarmes viennent annoncer à Angèle une terrible nouvelle : Son neveu Julien est mort dans le train bombardé qui l’emmenait au service du travail en Allemagne. Mais pourquoi Angèle n’est ni triste ni en pleurs alors que l’on vient de lui annoncer le décès de son neveu qu’elle aime comme un fils ? Tout simplement parce que Julien n’est pas mort, il a sauté du wagon juste avant le drame.

A l’insu des villageois et avec l’aide  de sa tante, il va se cacher dans le grenier de  Thomassin, l’instituteur du village, arrêté par la milice pour ses idées jugées trop communistes.  De cet endroit stratégique qui surplombe le village, julien va observer, les habitants, sa bien aimée Cécile, ses amis d’enfance vivrent les horreurs et les dérives de la guerre. C’est avec un air amusé qu’il assistera à son propre enterrement. Mais les jours deviennent de plus en plus longs et la saison annonce ses couleurs automnales.  Son seul compagnon de fortune est un mannequin, habillé d’un casque et d’un uniforme militaire, qu’il baptise Maginot et à qui il s’adresse. Ses monologues lui permettront de garder un pied dans la réalité.
"J'ai même assisté à mon enterrement sans
la pénible nécessité de mourir ; c'est à dire
à quel point j'ai été épargné"
 

Impuissant, il va être le témoin de conversations secrètes, voir les blindés allemands envahir le village. Les vérités et les mensonges se mélangent, la confiance et la trahison s’entremêlent et les rancunes  se ravivent. Julien va découvrir ses vrais amis là où il s’y attendait le moins. Au fil des jours, des mois, il va contempler sa Cécile, reprendre en main le cours de sa vie puis lui échapper peu à peu. Mais que peut-il faire puisqu’il est mort ?

De son pigeonnier, il ne sortira que le soir, la nuit tous les chats sont gris. Il s’apercevra de certaines manigances et complots qui se trafiquent tout autour du village. En qui peut-il vraiment avoir confiance ? Le vieux Fernand ? Le toubib qui tourne autour de sa belle? Serge avec sa petite gueule de milicien ? Et puis avec sa douce Cécile comment faire ? Combien de temps va-t-il devoir se cacher et se taire ?  Combien de temps va durer Le Sursis ? Cette page de l’histoire est très intéressante, mais le personnage principal, julien, manque à mon sens d’épaisseur et de témérité. L’histoire est centrée sur l’élégance et l’intelligence  de Cécile et des villageois.
 
 
Pourquoi ai-je aimé cette B.D ? Surtout pour la dernière page, une fin pour le moins surprenante et  inattendue. J’ai adoré les coups de crayon somptueux de l’auteur et les couleurs sont lumineuses et magnifiques.  Au fil des pages nous découvrons des dessins gibratesques qui ont le don d’attraper l’instant et l’émotion. Les visages sont expressifs, et les sentiments s’en dégagent sans équivoque.

 
 
Cette B.D est un bijou et un régal pour les yeux.

Cet Album est une vraie découverte, ma première rencontre avec Jean-Pierre GIBRAT et sûrement pas la dernière.
 
 
Encore et encore, toujours et toujours....MERCI ! ;)
 
 
 
 
Le Sursis de Jean-Pierre Gibrat a eu, en 1998, plusieurs prix littéraires dont celui du meilleur dessin au Festival de Chambéry,  du meilleur album par l'ALBD et prix des Libraires spécialisés en BD au Festival d'Angoulême.
 
Jean-Pierre GIBRAT
 
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dimanche 10 février 2013

A l'ombre du vent - La sombra del viento

Carlos Ruiz Zafon

Le Livre de Poche
ISBN : 978-253-11486-4 
637 pages

Livre Offert


Cher Carlos Ruiz Zafon ,
Comme j’aurai aimé vous écrire cette lettre en espagnole, cette langue maternelle si chère à mon cœur. Les mots me manquent et me font défauts aujourd’hui, car j’oublie peu à peu. Avec le temps, avec le temps va…
J’ai reçu votre livre par un ami et c’est avec joie que je découvre un nouvel auteur et de surcroît un compatriote. Quel voyage barcelonesque ! Au fil des pages, de fabuleux clichés me reviennent en mémoire et me replonge dans la capitale catalane de mon enfance. Souvenirs de vacances sous le soleil barcelonais, encore réchauffés par les voix chaudes de Montserrat Caballe et Freddy Mercury.
C’est l’Espagne de mes parents que je redécouvre à travers les pages de votre roman, celle de Franco, une Espagne ravagée par la colère et la haine.
Vous dépeignez une ville que j’ai tant arpentée, ma petite main dans celle de mon père, comme le faisait Daniel. Tout y est, il ne manque rien : La caravelle la «Santa Maria»  de Cristobal Colomb dans le vieux port, Las Ramblas, avenue mythique  qui sépare cette ville en deux et qui s’échoue à la mer. Le quartier Montjuïc où il fait si bon pique-niquer et puis vous avez même pensé à ces célèbres Sugus qui guérissent de tout. Enfant, j’en avais plein mes poches. Vous faites un clin d’œil à Antonio Machin, crooner cubain en pleine gloire, l’idole de ma mère. Elle me chantonnait ses chansons en souvenir de son adolescence. Même Manolete, Dieu que j’en ai entendu parler de ce grand matador qui succombera sous les cornes de ce puissant taureau «Islero».
L’histoire démarre dans une Espagne ravagée par la guerre. Bien souvent mon père me contait cette période de souffrance et de misère, qui a obligé mes grands-parents à fuir leurs racines. Le général Franco va jeter en pâture son peuple à des fascistes,  anarchistes, communistes et vont mettre le pays de Sancho Panza à feu et à sang. C’est dans cette ambiance que nous découvrons, le personnage principal : Daniel Sempere le narrateur, un jeune homme délicieux de tendresse et de romantisme.
Un jour, son père le conduit au cimetière des livres oubliés et c’est le roman de Julian Carax «L’ombre du vent» qui vient à lui comme une évidence. Ce livre va bouleverser sa vie et dès lors il n’aura de cesse de 1945, âgé de 10 ans, à 1966  de partir sur les traces de Julian Carax. Il va, contre vents et marées, essayer de reconstituer son histoire et redonner un second souffle à cet auteur que la vie a trop vite oublié.
Julian Carax, personnage étrange et mystérieux, Julian ce «J» majuscule, cette «Jota» fricative. Ce son guttural si nostalgique et délicieux  dans ma gorge.  Que j’aime ce son vibrant ! Juuulian… Julian, écrivain déchu et musicien à ses heures perdues pour survivre, disparait de Barcelone. Pourquoi, comment, où est sa pénélope, est-il toujours en vie ? Pourquoi son livre est-il condamné au cimetière des livres oubliés au risque d’être détruit par les flammes ?
C’est à toutes ces interrogations que Daniel va essayer de répondre. Durant ce long pèlerinage, Daniel sera porté par l’amour que lui voue son père, un homme honnête et intègre, et  Fermin, un personnage sage, loquace, drôle et tellement attachant. Tous deux vont l’aider dans cette recherche et le  porter vers la vérité.
Je vous remercie humblement, Monsieur RUIZ  ZAFON, pour ce voyage intemporel au plus profond de mon âme et de mes souvenirs. Vous  mêlez à merveille, suspense,  amour, amitié,  haine mais aussi le pardon et le secret de famille avec ces dits qui libèrent, ces non-dits qui mutilent et ces contre dits qui tuent.
Et comme il est de coutume de dire en Espagne, que Dieu vous protège !
Bien à vous et à très bientôt…
Votre lectrice dévouée.
                                                                                                                                        Cristina
A mi Padre Miguel, mi Madre Carmen, Michel y José..... 
A Toi, MERCI de m’avoir confié ce livre, cette rencontre, ce voyage dans mon Barcelona ensoleillé, et puis ces Sugus au goût si doux et acidulés dans ma bouche, un moment de grâce.







Prépare ton sac à dos et allons sur les trâces de Daniel, Fermin et Juuuuulian. Allons nous perdre dans ces ruelles gothiques et ces cimetières et puis nous enivrer avec ces merveilles qui guérissent de tout ;)


«Dale limosna mujer que no hay en la vida nada como la pena de ser ciego en Barcelona»
Carlos Ruiz Zafon
Mon post it :
Carlos Ruiz Zafon est né à Barcelone le 25 septembre 1964. Il réside depuis 1993 à Los Angeles où il poursuit son métier d’écrivain mais aussi de scénariste. En 2009 il est à la cinquième place des auteurs les plus vendus en Europe. Son roman «l’ombre du vent» écrit en 2001 s’est vendu à plus de douze millions d’exemplaires. Il est traduit en trente-six langues et devient un best-seller. En 2004, en France, il a le prix du meilleur livre étranger.



                       Montserrat Caballe sublime et Freddy Mercury tel Un Dieu et si vivant....                     



L'album Barcelona, sorti en 1988, est assez bien reçu en Europe. La chanson phare est alors prête à être chantée en live à la cérémonie d'ouverture des JO de Barcelone en 1992. Mais le destin en décide autrement. Huit mois avant le début de la compétition, Freddie Mercury, déjà atteint du virus du sida, meurt d'une pneumonie. La chanson officielle des Jeux Olympiques ne sera pas chantée lors de la cérémonie mais diffusée sur écran géant. L'EXPRESS


Mes marque-pages :

"Les cadeaux sont donnés pour le plaisir de celui qui les offre, pas pour le mérites de celui qui les reçoit".

"Il y a des rustres qui s'imaginent que s'ils mettent la main au cul d'une femme et qu'elle ne proteste pas, l'affaire est dans le sac. Ce sont des ignares. Le coeur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l'esprit grossier du mâle à l'affût. Si vous voulez vraiment posséder une femme, il faut d'abord penser comme elle, et la première chose est de conquérir son âme. Le reste, le réduit douillet et chaud qui vous fait perdre les sens et la vertu, vous est donné de surcroît". 

"Un secret vaut ce que valent les personnes qui doivent le garder".

"Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on a, mais ce à quoi on renonce".

"Les livres sont des miroirs, et l'on y voit que ce qu'on porte en soi-même".


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dimanche 3 février 2013

A L'époque...




A l’époque où les hommes fréquentaient les cimetières je venais juste de naitre et traverser l’enfer : L’enfer du paradis.
 
 

Au fond de ces grandes villes de pierre et de lierre, je promenais ma solitude et mon ennuie.
 
 
La mort s'habille de noir, de mensonge, d'envie, et la vieillesse de gris.
 
 
 
 
 

Non, je ne serais pas ce vieux si tendre qui du bout de ses doigts roule une cigarette en regardant passer ces filles belles comme des sanglots. 
Je n'aurai pas le temps de refaire mes printemps aux fleurs étranges et si sauvages qui pourtant ne reviennent qu'à chaque saison...
 
 
Les Lilas, le 12 avril 1986
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