dimanche 16 juillet 2017

Les secrets de Brune

L'amie parfaite 


Bruna Vieira : Scénariste 
Lu Cafaggi : Dessin

Editions Sarbacane Mai 2017


« Je sais c’est sans doute idiot. Puisque personne ne me connaît, je peux être qui je veux. Mais la peur c’est comme ça, non ? Elle ne te demande pas la permission avant d’entrer. Et il ne s’agit pas d’être qui je veux. Je veux savoir qui je suis sans que personne n’attende rien de moi en retour ».

Chacun de nous s’est posé cette question à l’âge critique, la question cruciale au moment de l’adolescence : 

Qui suis-je ?

C’est le point de départ de cet album jeunesse. Brune, une adolescente décide de changer de collège. Cette décision de rentrer dans un nouvel établissement est un réel bouleversement pour Brune. Timide et secrète, elle se pose un millier de questions : 

- Que vont-ils penser de moi ? 
- Où vais-je m’asseoir en classe ?  
- Qui osera parler à une inconnue ?  
- Comment m’habiller ? 
- Me coiffer ? 
- Me maquiller ? 

Au secouuuuurs !

Pour calmer toutes ses interrogations et ses angoisses notre jeune héroïne raconte son quotidien, sous forme d’un journal, via facebook et nous invite à un voyage intime. Avec ses mots, Brune partage ses joies, ses peines, ses doutes, ses rêves mais aussi des recettes de gâteau ainsi que sa playlist préférée. 
Au fil des jours, nous rentrons dans son univers. Nous faisons la connaissance de sa meilleure copine et confidente Elsa, ainsi que sa chienne, Zooey, amie fidèle qui comprend tous ses tourments. Quelques pages invitent les jeunes lectrices à prendre leur plume et y noter leurs pensées.

Le succès de cet album est simple. Il est écrit par une jeune brésilienne, Bruna Vieira, qui met en scène sa propre adolescence. Au début blogueuse puis youtubeuse, elle rencontre très vite un vif succès auprès de son jeune public, c’est pourquoi elle décide d’écrire son histoire. La justesse du ton touche en majorité les jeunes filles. Les couleurs tendres et les dessins somptueux ont attiré l’adolescente qui sommeille en moi. J’ai moi même écrit durant des années un journal intime où je racontai mes joies, mes désespoirs, mes poèmes, mes citations préférées, ma musique du moment. Je collais mes tickets de ciné, de métro, un mot d’amour, un bout de tissu, une mèche de cheveux ... Parfois je laissai mes copines participer à l’écriture de certaines rubriques du style : « Comment embrasser un garçon en 3 leçons ? » question existentielle à 15 ans et j’allais jusqu’à coller le chewing-gum que je venais de voler dans la bouche de mon p’tit copain ... Oups ! ^^ C’est pourquoi, à mon goût, il m’a manqué une certaine interactivité, un je ne sais quoi, pour m’embarquer totalement dans la vie de cette jeune et adorable adolescente.

Cela ne reste qu’un avis personnel et n’enlève rien à la beauté et la délicatesse du livre. Brune est attendrissante et sait se faire aimer. Elle est une amie parfaite pour les jeunes lectrices qui forcément se reconnaîtront en elle.

« Si au moins je voyais un petit signe pour me dire que les choses vont s’arranger. Un signe qui me montrerait que je ne suis pas en train de tout faire de travers ».

Les secrets de Brune  … Tu veux mon chewing-gum ?  




Un grand merci aux Editions Sarbacane et à Babelio pour ce tendre flashback

mercredi 24 mai 2017

GLENN GOULD

UNE VIE A CONTRETEMPS 




Sandrine Revel
Les Editions : Dargaud 



















« Je tenais pour acquis que tout le monde partageait ma passion pour les ciels nuageux. J'ai eu tout un choc en apprenant que certaines personnes préféraient le soleil. » 
                                                         
Les Variations de Goldberg sont à Glenn Gould ce que Almost Blue est à Chet, le concerto d'Aranjuez à Joaquin Rodrigo ou Black Hole Sun à Soundgarden. Bach a composé les variations mais Glenn s'en approprie et lui donne ses lettres de noblesse se jouant de la technique contrapuntique inégalable du compositeur. Il apporte une vision nouvelle à cette œuvre maintes fois utilisée au cinéma comme dans « Le silence des agneaux », « Le patient anglais » ou encore « Love » de Gaspard Noé.

Souvent les enfants surdoués ont la particularité d’être solitaires. Glenn n’échappe pas à la règle. A la fois rejeté et moqué par ses camarades, il se réfugie là où Mozart, Beethoven ou Bach règnent en maître.  Doté d’une oreille absolue, très vite il se passionne  pour la mélodie et les œuvres de ses pairs.  Il fait corps à corps avec son Chickering ne laissant que peu de place au monde qui l’entoure. Son piano est le prolongement de ses doigts… La musique est le prolongement de son âme.

« La musique est quelque chose qui doit s’écouter en privé. Elle doit conduire l’auditeur et l’interprète à un état de contemplation. »

Adulé par beaucoup mais critiqué par les journalistes, la presse ne l’épargne pas. Son originalité casse les codes et son jeu pianistique surprend. Son narcissisme au clavier dérange et ses exigences deviennent de plus en plus excentriques. Ses auditeurs le réclament mais Glenn fuit les concerts car jouer en public l’ennuie profondément. Seul le contact avec la musique l’importe. Il se consacre dès lors à la composition, la production d’émission de radio et sa vie quasi monastique.

« La solitude nourrit la créativité alors que la fraternité collégiale tend à la dissiper. De plus, elle est pour l’être humain le plus sûr chemin vers le bonheur. »

Je connaissais le musicien mais très peu l’homme. Sandrine Revel réunit dans ce même album tous ses talents de coloriste, scénariste et dessinatrice pour nous délivrer une biographie riche et intéressante. Grâce à ce roman je découvre en plus du génie, un personnage obsessionnel frôlant quelque peu la folie. Les couleurs, le crayonné et les mots ne laissent aucun doute sur le coté obscur du musicien. L'auteur nous ballade entre les touches noires et blanches d'un piano et nous emmène dans l'univers symphonique d’un des plus grands pianistes de sa génération, préférant la compagnie des animaux à celle du genre humain.   

 « Je suis incapable de changer ma manière de jouer du piano. Les gens devront m’accepter ou me rejeter tel que je suis. »

Branche ton double jack pour « Une vie à contretemps »… Un aller sans retour …




dimanche 7 mai 2017

Perles d'élèves




Jean Bruan

Aux éditions : Horay 
2000












Samedi à Emmaüs, pour 1€ symbolique, je suis tombée sur ce petit bouquin de Jean Bruan, auteur Belge et ancien instituteur. Il récolte, au cours de sa carrière, une multitude de perles auprès de ses élèves et fait de ce livre un réel petit moment de récréation. C’est mignon à souhait. On dit parfois que la vérité sort de la bouche des enfants et pour le coup, je trouve que souvent les réponses révèlent le devenir de certains. Il y a les rêveurs,  les humoristes, les cancres et il n’y a rien de péjoratif, ou le futur poète. J’imagine très bien l’instituteur pouffer de rire en corrigeant ses copies et se retenir de mettre un 20/20 avec pour observation : Humour excellent, vous devriez faire carrière !

Mais lisez plutôt ces quelques madeleines et régalez-vous :

-     Science - Le futur philosophe :

Quand le cœur se dilate il reçoit le sang par …
- Le destin

Histoire - Le futur prof :

Qu’a fait Christophe Colomb ?
- Il a traversé l’océan scientifique et a découvert l’Amérique en 1949.

La Belgique est devenue indépendante depuis …
Depuis        tout le monde est content

De quoi Beethoven souffrait-il ?
- d’une crise de désèspoire

Géographie & science 

Le futur beau gosse :

Comment appelle-t-on des fruits venant des pays chauds ?
- des fruits érotiques

Pourquoi le cerf brame-t-il ?
- pour avoir des femmes et les draguer

Comment appelle-t-on un homme qui explore les cavernes et les grottes ?
- Un gynécologue

Le cancre … ou pas ... :

Pour épargner les arbres des forêts et économiser le papier, que peut-on faire ?
- travailler mon moins à l’école


Une mention particulière à cet élève qui, en vain,  voulut apprendre sa leçon par cœur :

Comment s’appelait le chef de la première croisade ?
- G Gode Froide de Bouilla

Je remets mon bon point à ce futur poète :

- En automne, les arbres meurent de leur chagrin

Les mémoires de cet instituteur nous offrent des perles inoubliables et attendrissantes. Quand on lit avec attention on devine une intelligence et spontanéité désarmantes de la part nos chères têtes blondes.  Une lecture « flash-back » drôle et touchante qui nous ramène à nos buvards et nos bureaux d’écoliers.

Je me souviens de ma fille Mathilde qui du haut de ses 11 ans me demande d’un ton naturel :

- Maman pourquoi les  volcans rentrent-ils en érection ?
- Oups !

A lire, sourire et à partager !


 Perles d’élèves …. Euh…… c’était qui déjà le chef de la première croisade ? 



D'autres perles by manU ----------- ici 


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dimanche 23 avril 2017

Vide-grenier du dimanche ou presque ! (2)



Quel plaisir et quelle belle récolte pour ce Vide-grenier spécial Pâques. 
A peine réveillée, pas une minute à perdre, je saute dans mes converses et me voilà partie avec Paco à la chasse aux livres.
Un beau soleil pour chiner, négocier, flâner et prendre son temps.
Pendant que Paco reniflait tous les popotins et levait la patte tous les deux mètres, moi la tête dans les caisses, je fouinais dans l'espoir de trouver un trésor !

-Pacooooo pas pipi sur les bouquins bon sens !!! 

Et lui l'air de dire :

-Ben c'est qu'ils sentent le pourri ces livres ! 
-Et alors, tu sens mauvais parfois c'est pas pour autant que je te fais pipi dessus ! ^^

Pas de trésor mais de belles trouvailles qui ont embelli mon lundi Pascal.


Cueillette jeunesse




"La fête à la tomate" de  Satomi Ichikawa 
Une belle histoire sur la nature, le goût, les liens, le tout sur fond japonais pour 1€ contre 13€20 en librairie.














"De la taupe qui voulait savoir..." et "Chien pourri" mes livres chouchou pour 2€

Prix librairie : 8€ L'unité.


Ma Petite Taupe --------- ici 









Heureuse de trouver 3 Goûters philo pour 2€. 

Des livres intelligents pour réfléchir & grandir  !

Prix Librairie : 8,90€ L'unité.





  Puis la cueillette qui va en énerver plus d'un 




J'avais adoré ses dernières gorgées de bière de Philippe Delerm et je sens que je vais aimer "Ma grand-mère avait les mêmes" 1€
Prix librairie : 11€

"Apollon et les putains" de Carlos Fuentes, lu le soir même. 
Une croisière libidineuse pour 0,30 cts seulement au lieu de 2€ ! Par ici la monnaie :)


Et mon chouchou du jour, LA PERLE  :
Puisque c'est d'actualité n'oubliez pas vos urnes !

Plus besoin de présenter E. DAVODEAU. Il nous parle de société, d'espoir, des difficultés et des limites avec "Les mauvaises gens"   La BD neuve pour 2€ au lieu de 14,95€ .


9 livres en excellents états pour 8€30 contre 83,85€ en librairie.

Une économie de : 75,55€

Quand Chiner rime avec économie &  plaisir !



Pacoooooooo sous la douche ! Tu pues le pourri ^^

Le Mâle Heureux 



Bonne semaine & à bientôt !



jeudi 20 avril 2017

De la petite taupe qui voulait savoir ...

Paco et ma petite taupe 

Werner Holzwarth
Wolf Erlbruch

Les éditions : 
Milan Jeunesse

2007








La petite taupe est de bien mauvais poil ce matin.
Quel est le malotru qui a osé lui faire popo sur la tête ?
Ni une ni deux, la voilà bien décidée à partir en vadrouille à la recherche du fameux popotin responsable de son chapeau peu ragoûtant. 

- Est-ce madame la vache et sa fameuse bouse verdâtre ?
- Bien sur que non, trop molle !

- Alors peut être le cheval et ses crottins ?
- Non plus, impossible vu la taille !

- Mais alors qui ?

La petite taupe n’a pas l’intention d’en rester là et saura coûte que coûte reconnaître le propriétaire de sa coiffe ridicule. 

Quand j’ai vu dans un vide-grenier ce livre jeunesse format cartonné pour un euro, j’ai sauté dessus : Il est à moaaaaaaaaaaaaaa, un de mes albums BB préféré ! Je ne me lasse pas de suivre cet animal aussi trognon qu’attendrissant à travers sa mésavenventure loufoque qui fera rire les tous petits et aussi les plus grands. 


« De la petite taupe qui voulait savoir …. »  Pacoooo vient voir un peu par ici  ! ^^  



Prout ! Prout ! Beurk !


dimanche 9 avril 2017

Vide-grenier du dimanche ou presque by manU ! (1)









Jolie cueillette romanaise pour mon premier Vide-grenier de l'année. 
C'est qu'il y a concurrence 


Pour quelques pièces et un beau sourire, (oui je sais, c'est pas joli-joli), de belles trouvailles qui ont fait mon bonheur du jour.















Cueillette plaisir :

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer un beau souvenir de lecture que je voulais dans ma bibliothèque et Des vents contraires d'Olivier Adam, 1 € les deux.















Cueillette pas des moindres :

Paul Auster "Seul dans le noir" Acte Sud, Tatiana De Rosany "A l'encre Russe" elle m'avait ému aux larmes avec "Sarah", Okakura Kakuzô "Le livre du thé" des éditions Picquier puis Hubert Haddad "Palestine" auteur poignant que je connais grâce à Jérôme pour ma première lecture à l'aveugle. 2€ chaque livre, mais négocié à 1 € (comme neufs). 










Cueillette du terroir :

J'ai gardé un joli souvenir de lecture du terroir avec Gilbert Bordes et La couleur du bon pain. Et l'été reviendra  ou comment ne pas se priver pour 0,50 cts !













Cueillette touche féminine : 

Mais une épingle à cheveux en bois,
pour mieux lire 2 € :)
Ceci n'est pas une
chouette ! 























Enfin ma cueillette émotion :

- Combien Monsieur pour ce livre ? (Avec mon sourire de tueuse !!!!)
- C'est pour l'école ?
- Euh oui ^^ (Ben pourquoi que je dis ça moi ?! )
- Ben si c'est pour l'école je vous le donne !
- Ah bon ! (et moi blonde que je suis ) Vous êtes sur ? Vous voulez pas que je vous l'achète ?
- Non si c'est pour l'école, il est à vous.
- Bon ben merciiiiiiii beaucoup Monsieur, avec mon sourire et mes yeux "Biche au ma Biche" ;-D







Après La Méthode Boscher pour apprendre la lecture au CP, voici pour le CE1 L'Enfant et la Lecture édition 1966, une trouvaille émotion qu'il me fallait à n'importe quel prix, c'est bête ! ;-) 











Ah nostalgie quand tu nous tiens !









Comme quoi parfois le Bonheur ne s'achète pas ! :) 














Voilà, ma cueillette pour la somme de 7,50 €. Alors manU je t'en bouche un coin hein ! ;-) 






Bon Dimanche et à bientôt ! 




jeudi 6 avril 2017

BONHOMME




Sarah V. 

Claude K. Dubois 

Edition : L'Ecole des Loisirs - Pastel

2017







Il fut un temps, oui il y a bien longtemps, j’étais quelqu’un de bien, enfin je crois, la mémoire me fait défaut aujourd’hui.
Je passais inaperçu dans la rue. J’étais Monsieur tout le monde.
J’avais une famille, une maison, un métier, un compte en banque.

Puis un jour c’est la rupture sociale. Les échecs et les erreurs s’accumulent, les rêves s’écroulent et commence la descente aux enfers.  Depuis, je suis un sans-abri. La rue est mon foyer, elle m’appartient. Le froid, la faim et la honte sont mes compagnons de misère. J’ai pour seul bagage ma solitude et mes désillusions.
Je ne suis plus que l’ombre de moi-même, celui que l’on montre du doigt, que l’on accuse, ou pire, que l’on ignore. J’en ai oublié mon nom, pourtant j’étais quelqu’un de bien. Si seulement je pouvais avoir un peu de chaleur pour réchauffer mes pauvres pieds.
Les jours défilent et se ressemblent. Parfois, pour soulager mon cœur et m’alléger l’esprit, j’abandonne mes souvenirs au détour d’un chemin, je suis si fatigué. Je marche seul, libre, mais sans but. Chaque pas m’éloigne un peu plus de mon passé. Je balade ma carcasse dans les jardins de l’envie où je regarde les enfants jouer, les amoureux sur les bancs publics, les passants sans souci, et la vie s’écoule ainsi entre l’oubli et l’ennui.

Et puis un jour je croise le sourire d’une petite fille,
Le sourire de l’innocence qui réchauffe le cœur,
Le sourire d’une vie.

Cette tranche de survie est un petit bijou dans son écrin. La plume de Sarah V. est magnifiquement accompagnée par le crayon gris légèrement aquarellé de Claude K. Dubois. Le ton est juste. Les couleurs douces et pastelles apportent une jolie touche de poésie à l’histoire malgré la tristesse du sujet. Un Bonhomme attachant et une mise en scène émouvante qui nous rappellent, que même si la misère est moins pénible au soleil, la vie est fragile et peut basculer à tout moment.

Un album jeunesse plus que réussi !

Bonhomme … Juste quelqu’un de bien …








Le printemps est là mais la faim se moque bien des saisons. 
N'oubliez pas les Restos du Cœur et si vous ne pouvez pas, 
un sourire suffira !

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vendredi 31 mars 2017

Lecture à l'aveugle ! 3 Enfin dévoilée !





Dimanche 2 avril, le jour se lève en Norvège,  
il pleut sur Bergen et mes collines. 
Un temps idéal pour découvrir ma lecture à l'aveugle. 
La pluie dévoile les saveurs de ce livre mystère.


"Un territoire fragile"

D'Eric FOTTORINO

Les Editions Folio
2000 








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Deux jours avant : Vendredi 31 mars 2017


















Auteur(e) : Inconnu
Titre : Inconnu
Année : Inconnue
4ème de couverture : Inconnue



« Qui n’a pas vu la pluie tomber à Bergen ne connait rien de la pluie. »

Je suis accordeur à Bergen. Dans la famille nous accordons de père en fils. Mais faut-il parler d’instruments quand il s’agit du corps humain ? Avant de poser mes mains qui guérissent de tout ou presque, j’apprivoise, j’écoute les silences entre les mots et dans les mots. J’observe les gestes, je caresse du regard puis elles effleurent et se posent sur la chair ébranlée et comme dans un livre en braille, mes mains me racontent l’histoire d’un corps désarmé. 

« L’éloquence peut être muette, comme la plus profonde, la plus insoupçonnable des blessures. La mémoire est vigilante, elle avoue ce qu’elle veut bien. A tes mains de voir. Lis les peaux en aveugle. Tes mains doivent être aimantes, je veux dire avoir la force des aimants. » 
   
Splendide et diaphane, elle a poussé la porte puis est entrée dans un silence assourdissant. A la minute où elle m’est apparue j’ai compris que mes mains seraient vaines. Les maux à fleur de peau, un corps en désaccord mais je ne voyais qu’elle, Clara. 
Clara existe à peine ou si peu. A 23 ans, elle supporte son être avec résilience. Chaque interstice de ce corps étranglé porte les stigmates du désamour et le poids des regrets. La mère,  avare de tendresse, ne lui a donné que la vie. Puis un homme qui ne trouve sa virilité que dans le despotisme et les poings, la pousse à fuir avant de défaillir.

« Pour cogner, il préférait le contact de ma peau. Il frappait douze coups. Un, deux, trois, quatre…, s’éloignait sans un mot, grillait une cigarette. En ce temps-là, à Dublin, je passais ma vie à mourir. » 

A bout de défense, Clara quitte Dublin puis la France. Elle fuit une mère avide de sentiment et un homme qui l’aime trop, qui l’aime mal. Une annonce dans le journal, « Recherche biologiste océanographe à Bergen en Norvège », et c’est l’occasion rêvée pour tout laisser derrière elle. Mais ses vieux démons ne cessent jamais d'exister et l’étouffent peu à peu. L’oxygène lui manque, même au pôle mort
Le corps de Clara n'est plus en symbiose avec son esprit. Brisée de l’intérieur, sa chair s’est comme fossilisée, un cœur en hibernation hermétique à toute vie. Ce corps tendu à rompre ne lui appartient plus. Il est comme un geyser en ébullition. Comment tient elle encore debout avec ses maux qui la gangrènent ? Ce mal qui coule dans ses veines n'est ce pas la source qui la maintient encore en vie ? Elle est un mystère que mes mains aimantes ne peuvent toucher, pas encore, de peur de la briser. Suivre ses courbes lentement et elles me guideront à l’onde de choc.

« Pensez aux renards bleus empaillés au musée de Bergen. Il serait absurde de les masser. On ne masse pas les cadavres, Clara. La main et la peau se parlent, se répondent. C’est une affaire de confiance. On ne masse que les vivants, vous comprenez, des êtres immobiles mais vivants. »

Clara… Clara… Clara…

Le mal de mère, quand on cherche bien on finit toujours par crever…



Ce fut mon 3ème livre mystère et je trouve très excitant de partir dans un horizon littéraire totalement inconnu. A l’heure qu’il est, je ne connais encore ni l’auteur ni le titre. Ce roman fut pour moi un coup de cœur et un coup de poing. L’auteur, par son écriture, a su toucher mon âme sensible. Pour décrire aussi bien le corps d'une femme, la douleur et la sensualité, je vois un homme aux grandes mains et d'origine française. J’ai plongé dans l’histoire. J’étais Clara, presque étouffée par son manque d’oxygène. Dans mon ventre, j’ai ressenti le désert affectif. Mon cœur s’est serré quand il a goutté au manque, aux mots, aux caresses et quelle douceur, à Bergen, ces gouttes de pluie sur ma peau meurtrie.

Clara… Clara… Clara… quand on cherche bien, le soleil finit toujours par briller, même au Pôle Nord !


Un grand merci à mon grand Manitou de la vaste plaine pour ce livre mystère.

J’ai hâte que le jour se lève sur Bergen pour découvrir ce livre de tous mes tourments, et ce que cachent le titre, l’origine et l’auteur ! 


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Skoll
« Un jeune colosse blond m'a fait signe de venir les rejoindre en criant "Krol!". Krol signifie crâne, Olav me l'a dit. Une énorme chope en main, les matelots trinquent à la manière des Vikings, "kroll, Kroll!", dire qu'autres-fois ils buvaient dans le crâne blanchi de leurs victimes »

« Dans la patrie de Grieg où tout un chacun a essayé au moins une fois d'interpréter sa fameuse suite de Peer Gynt, le plus humble foyer abrite un violon et son archet »



Et si mon avis ne vous à pas convaincu il vous reste celui de ma blonde venue du froid ICI

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